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  • abdenour si hadj mohand
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  • Homme
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  • France musique nature culture artiste
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 05:04
9
Préface
Un chasseur alpin raconte sa vie. Un fils de « fellagha »
raconte la sienne. Ce qu’elles ont de communs, ces deux
existences : le lieu du déroulement du drame, Iferhounéne,
un village kabyle posté depuis l’ère des quinqué gentii1 sur
un mamelon qui fait face à l’imposante chaîne du djurdjura.
En y installant leur camp dés 1956, les forces
d’occupation avaient visé un objectif stratégique, inspiré
de la nature même du relief escarpé et de la position dominante
du chef lieu de cette portion du territoire
algérien : Observer les mouvements des villages environnants
: Tifilkout, Ait arbi, Ait Hamou, Ait Mansour,
Barber, Taourirt Ali Ouanacer, Tikilsa. Quant à Haadouche
et les autres, même cachés, ils ne seront qu’à quelques
minutes de marche de là, à portée de canon.
Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura allait,
des années durant, offrir une image apocalyptique ou
se mêlent tous les malheurs d’un peuple marqué par son
histoire déjà trop agitée : batailles sanglantes, embuscades,
ratissage …torture, viols, exécutions sommaires.
Le chasseur et le fils de fellagha, ont passé ensemble
une partie de leur vie, face à face, chacun de son coté de la
barrière… Du barbelé qui sépare le village du camp militaire.
Sans se connaître, ils ont vécu les mêmes
événements historiques qu’ils ont ressentis chacun à sa
1 quinqué gentii. Terme romain, utilisé pour designer les 5 premières
tribus berbères installées au flan DJURDJURA, appelé par les romains,
Mons Ferratus ou montagne de fer, en raison de la résistance
farouche opposée à l’occupant.
10
manière, selon ses propres convictions. Différemment,
voire parfois même antagonistes, malgré le point commun
qui peut rapprocher les hommes dans certaines circonstances,
dans leur pensée, deux hommes épris de paix et de
justice.
Dans la première partie de cette oeuvre ; Le chasseur alpin,
nous livre les secrets de cette courte période de son
service militaire, passée à livrer bataille malgré lui, à un
ennemi invisible, au lieu disait-il, de séjourner en touriste
insouciant dans ce qu’en métropole, on appelait, fanfaronnerie
ironique « les vacances algériennes. »
Je ne dirai rien de sa vie privée, et ne porterai aucun
commentaire sur ses sentiments exprimés, dans ce livre
qui a le mérite de nous dire des choses authentiques, sans
détours, sur le drame vécu par le peuple algérien.
Si l’histoire est authentique, les noms des acteurs ont
été changés sciemment pour des raisons évidentes de respect
de la discrétion. Mais cela ne leur enlève en rien, la
reconnaissance du mérite ou la condamnation de l’opinion.
Nous laissons le soin sur cet angle, à l’Histoire pour en
juger.
A coté des faits véridiques endeuillants relatés par le
soldat, le narrateur a voulu mettre une place à l’amour, aux
sentiments positifs, à travers cette édile pour la Femme,
avec un grand F incarnée par YASMINA qui aurait pu
s’appeler Lila ou khelidja, ou encore Jacqueline, et résider
à Ait El Mansour, Taourirt ou encore Iferhounée, Tifilkout
ou Iril El Arbi ou tout simplement Lyon, Marseille, Nantes
dans un contexte de paix
Cette histoire est le fruit de la pure imagination délirante
du soldat français, pour rendre moins pénible, moins
cruelle, moins insupportable la vie, quand la mort est devenue
la rançon quotidienne pour tous, de quelque coté du
conflit où l’on peut se placer.
La deuxième partie de ce livre est consacrée aux récits
des faits de ces événements à la même période, vu d’un
11
oeil d’enfant innocent, qui n’avait que 4 ans et grandi dans
le fracas des armes jusqu’à l’age de 12 ans, pour finir seul,
privé de tous ses parents happés par la machine de guerre
infernale d’une puissance militaire. Ils sont 8 hommes de
la même famille, tous dans la force de l’age, en bonne
santé, bien éduqués, lettrés, à être tués par l’armée française,
entre 1958 et 1960, tous les armes à la main. Ils
étaient, ce que la propagande coloniale appelait « les Fellaghas
», et, que l’enfant de la guerre, fils de « fellagha »,
lui, a toujours pleurés, en secret, dans ses moments de plus
grande solitude. Pour lui, il ne subsiste aucun doute : ils
sont morts pour leur patrie, en martyrs de la révolution.
Cette oeuvre se veut un témoignage fort sur le sacrifice
du peuple algérien, le drame des hommes, des femmes et
des enfants colonisés, dominés, maltraités, torturés, assassinés.
Il est aussi une lueur d’espoir pour les générations montantes
de pays développés pour refuser, rejeter le fait
colonial et condamner la guerre.

Livre 1
Un soldat français m’a raconté…
Un épisode de la guerre d’Algérie
qui s’est déroulé dans mon village :
Iferhounéne (Kabylie 1958-1960)

Première partie

17
Insouciance
Août 1957, la date fatidique approchait, au mois de septembre
je serai convoqué pour effectuer mon service
militaire.
Ainsi une partie de ma vie s’achevait. Ma bicyclette
appuyée contre un arbre de la forêt de Senlis, j’étais allongé
sur un tapis de mousse et regardais le ciel bleu azur à
travers le feuillage d’un chêne centenaire. Mon enfance
me revenait en mémoire, toute ma tendre et heureuse jeunesse
passée dans ce quartier populaire de la Villette où se
côtoyaient Français, Italiens et Algériens sans grande harmonie
mais sans trop de problèmes. Les années de guerre
avaient eu raison des petites économies de mes parents,
consacrées en grande partie à l’achat de denrées payées au
prix fort, qui permirent à ma soeur et moi de nous alimenter
à peu près correctement.
Les instituteurs de l’école primaire de la rue de l’Ourcq
m’amenèrent jusqu’au certificat d’études que j’obtins facilement,
mais sans grand mérite, car j’apprenais facilement
et souvent mes leçons étaient retenues sur le chemin menant
à l’école.
J’avais passé avec succès l’examen d’entrée en sixième
du lycée Colbert, mais mon père, sachant qu’il ne pourrait
faire face à de longues et coûteuses études malgré les
bourses délivrées chichement, décida que j’apprendrais un
métier manuel. J’avais une préférence pour le métier
d’électricien, mais ma brave maman, gardienne d’immeu18
ble, (on disait concierge à l’époque, d’une façon moins
péjorative que maintenant) avait l’estime de "ses" locataires
et au cours d’une conversation avec une demoiselle de
l’immeuble, celle-ci lui fit part des avantages des métiers
des arts graphiques.
C’est ainsi qu’au mois de septembre 1951 la grande
famille des typographes comptait un apprenti de plus.
Merci chère maman de m’avoir fait épouser le plus beau
des métiers, hélas, obsolète aujourd’hui.
C’était le début de ma vie professionnelle, mais je ne
quittais pas pour autant l’enseignement général ; tous les
mercredis pendant quatre ans, je retrouvais les bancs et
ateliers de la prestigieuse École Estienne ; les professeurs
nous enseignaient avec autorité et compétence de solides
cours théoriques et pratiques sur les métiers de l’imprimerie.
Tous les soirs je rentrais chez moi vers 17h30 ; après
une rapide toilette, je rejoignais mes copains au café "La
Mandoline", c’était notre lieu de rencontre habituel ; le
petit groupe que nous formions était sans histoire ; tout le
monde nous connaissait, les quelques voyous du quartier
eux-mêmes nous saluaient, nous avions usé nos fonds de
culottes sur les mêmes bancs d’école ; pour eux, nous faisions
partie du paysage depuis toujours et ils nous
fichaient une paix royale. Nous avions de bons rapports
avec les Italiens et les Maghrébins qui malgré leur nombre
élevé se faisaient discrets.
Après avoir dégusté une ou deux boissons non alcoolisées
(le lait grenadine était très à la mode à cette époque),
nous "montions" nonchalamment jusqu’au métro "Crimée"
pour y retrouver d’autres copains et surtout nos
chères copines… J’étais très amoureux de Denise. Avec le
recul je pense qu’il s’agissait plutôt d’attirance physique ;
ce sentiment qu’inspire une jolie fille de dix-huit ans à un
Par abdenour si hadj mohand - Publié dans : guerre d'Algerie
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 04:55
GUERRE D’ALGERIE TIFILKOUT (IFERHOUNENE) : Le 14 mai 1958 Le lieutenant Capelle ou la mort d’un chasseur alpin Après une demi-heure de progression, les épineux disparurent, nous étions sur l'éperon rocheux; il formait un petit plateau calcaire, encore un petit effort, les premières maisons apparaissaient à une cinquantaine de mètres, se détachant sous un ciel bleu azur. Pour les atteindre, il nous faudrait escalader une espèce de chaos formé depuis des siècles, sans doute du fait de l'érosion. Cet amoncellement de rocs ne me disait rien qui vaille, d'autant plus que de l'autre côté du village des rafales d'armes automatiques indiquaient que la première section avait accroché; par l'intermédiaire du poste j'avais appris que le lieutenant Pelardi demandait le renfort de la troisième section ; dans quel merdier allait-il nous mettre le spécialiste de la guérilla? Nous avions reçu un nouveau poste radio plus puissant que le poste 300 et bien moins lourd. Le porteur du poste était avec moi depuis le village de Tikilsa; tant que lieutenant ne le réclamerait pas je serai au courant de l'évolution de la situation. Nous reçûmes l'ordre de mettre nos foulards d'opérations pour nous identifier. Nous avions quatre couleurs à notre disposition : bleu, vert, rouge et jaune. Pour l'heure, la couleur choisie était le jaune. Le lieutenant Capelle nous laissa souffler cinq minutes, je remarquai beaucoup de visages griffés par les épineux qui avaient rendu notre progression si difficile. La section, forte d'une trentaine d'hommes, fut déployée sur presque toute la longueur de l'éperon rocheux qui allait en s'élargissant. Nos intervalles étaient de dix mètres, notre progression était encore plus lente que dans les épineux, la tension était palpable. Le lieutenant Capelle levait le bras et nous nous arrêtions le temps d'une observation détaillée à la jumelle. La configuration du terrain ne me disait rien, mes jumelles avaient révélé des cavités dans les rochers, qui pouvaient être autant d’entrées de grottes servant à abriter des hommes ou du matériel. Combien de fois, dans cette chaîne du Djurdjura, nous avions découvert des anfractuosités de la largeur d'un homme mais qui, à l'intérieur, s'ouvraient sur de vastes salles pouvant contenir trois ou quatre camions. Pour la dixième fois le lieutenant leva le bras pour nous intimer l'ordre de reprendre notre progression. J'étais à l'extrême droite du déploiement, très prudent, attentif, n'ayant aucune protection sur ma droite. Les coups de feux claquèrent au moment où le lieutenant levait le bras pour nous arrêter. Les tirs étaient partis d'une cache que j'avais repérée avec mes jumelles, nous ripostâmes d'un feu nourri. -« Jean, le lieutenant hurla Prunier, le lieutenant ! » -« Quoi, le lieutenant? » -« Viens vite, il ne bouge plus, il est touché. J'accourus et je vis le lieutenant qui respirait très fort, il haletait; nous lui débouclâmes sa ceinture, je m'apprêtais à lui enlever sa veste pour chercher et panser sa blessure; sa tête bascula sur le côté et sa respiration cessa. Je posai ma tête sur sa poitrine et les yeux embués je regardai Prunier : le lieutenant venait de décéder. » Je respirai plusieurs fois à fond et chassai mon émotion; il fallait me ressaisir; mon ami Henri se dessina dans ma tête, il me disait souvent "quoi qu'il arrive, restons calmes et buvons frais", Pourquoi sa devise me revint-elle à l'esprit à ce moment tragique? Les méandres du cerveau sont bien mystérieux. Prunier me regarda et tristement il me dit " Jean, te voila chef de section! Qu’est-ce qu'on va faire?" Chef de section, ce n'était pas le moment de paniquer, il fallait assumer. Je me faisais violence, la section attendait des consignes. Extrait de l’ouvrage « la guerre vécue par un chasseur alpin en kabylie-iferhounene1958-1960 » aux editions www.publibook.com auteur : abdenour et J.Collet
Par abdenour si hadj mohand - Publié dans : guerre d'Algerie
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 04:26

Iferhounéne : en 1961

Tel que décrit par un soldat français chasseur  alpin

 

Texte recueilli

Par

Abdenour Si hadj Mohand

 

 

C’est un village typique de l’habitat rural méditerranéen par sa situation sur un « éperon ». La vie n’y est sans doute pas très différente de celle que l’on pouvait rencontrer un siècle plus tôt sur les bords de tout le bassin méditerranéen. Cependant, c’est à 150 m de ce village que j’ai vécu près de sept mois. C’est là que j’ai découvert la rude vie des montagnards kabyles, où la faim n’est pas loin, et où la société moderne n’a pas modifié les anciens usages et coutumes. En 1961, le village est très peuplé, car il abrite des personnes déplacées. En règle générale, une famille occupe une pièce. Le sol y est de terre battue, avec en un endroit, un creux circulaire très évasé : le « canoun ». C’est ce qui tient lieu de foyer. Autour du feu de bois, des briques locales, au mieux un trépied, supportent un récipient métallique à tout faire dans lequel seront cuits les aliments. Sur les côtés, sont roulées des nattes qui serviront de couchage. Parfois, un matelas, également roulé. Le mobilier est réduit à un ou plusieurs coffres de bois plein, peints de couleurs vives, et dans lesquels s’entassent la richesse des villageois : quelques vêtements. Il n’y a ni table, ni chaise, ni banc. Dans cette pièce, il vaut mieux vivre au ras du sol, accroupi ou allongé : souvent, il n’y a pas de cheminée et la fumée dégagée par le bois qui brûle dans le canoun stagne sous le toit de tuiles artisanales apparentes ; au mieux celles-ci sont cachées par un assemblage de roseaux rappelant nos canisses méridionales. L’éclairage est donné par la porte ouverte ou par une lampe à huile. Signe de modernité, une lampe à pétrole suspendue à une poutre. Les réserves de nourritures dans les maisons élaborées peuvent être conservées dans des récipients inamovibles, en terre battue, pouvant atteindre plus d’un mètre de haut. Le remplissage se fait sur la face supérieure par une ouverture circulaire occultée par un couvercle d’osier tressé ou de bois plein ; les plus grands ont un volet inférieur, à la façon d’une chatière, pour y faciliter l’accès quand la réserve diminue. On y trouve des figues séchées, des glands, du blé dur, des haricots...Dans des niches ou sur des étagères, parfois sur les poutres, des boîtes métalliques ou des pots de terre... contiennent d’autres denrées : thé, menthe, miel, farine de blé Dans quelques maisons, on peut trouver une pièce communicante, réservée à une activité d’artisanat : j’ai ainsi vu une femme travaillant sur un métier à tisser, tout en bois. Elle plaçait les fils de laine pour tisser une couverture. Dans la maison d’un autre village, j’ai vu un tour de potier, en bois, mais le potier n’était plus là depuis quelques mois. L’épicier du village vend ses marchandises en vrac, au volume, à l’aide d’un accessoire identique à ceux qu’utilisent encore les torréfacteurs de café. Il en vend d’ailleurs, pour le « kaouah », ainsi que du thé, du sucre en morceaux, des haricots secs... des bidons de pétrole de 5 L. Des familles plus aisées disposent d’un « clos ». Un mur d’enceinte de près de 2 mètres, sans ouverture si ce n’est une à deux portes d’accès généralement à l’opposé l’une de l’autre, en bois plein, à un ou deux battants. Elles donnent accès à une cour intérieure, au sol nu, entourée de constructions  irrégulières s’appuyant sur le mur extérieur, parfois le dépassant. Toutes d’une seule pièce, et de dimensions variables, leurs toitures ne sont pas toutes inclinées vers l’intérieur. Une partie de l’enclos peut devenir un poulailler. Des constructions peuvent servir fréquemment de petite bergerie, parfois d’écurie (âne, mule, cheval), rarement d’étable. Les troupeaux sont gardés par les plus jeunes, tandis que les femmes s’occupent des « jardins » ou des « champs ». Il ne s’agit que de petits lopins de terre en terrasse permettant la culture de légumes et situés près du fond d’un des multiples thalwegs secondaires qui froncent le versant principal. Ainsi, l’eau est proche. Parfois des canaux, s’ils ne sont pas hors d’usage, l’amènent aux champs. C’est aussi le rôle des femmes, quels que soient leurs âges, d’assurer la corvée d’eau, depuis la source, fontaine ou abreuvoir le plus proche, jusqu'au domicile, une à deux fois par jour. En rentrant des champs, elles portent sur le dos, dans un grand foulard parfois tenu à deux mains, la récolte de légumes ou la cueillette de figues, de glands, d’olives. L’eau recueillie dans un seau se porte sur la tête. Elles ramènent de la même façon en fagot les branchages qui alimenteront le canon. Pour se protéger le crâne, en guise de coussin, elles y placeront le grand châle, roulé grossièrement en couronne. Sur un sol dur et ensoleillé, elles étendront un châle pour y faire sécher les figues, préalablement triées. Les hommes sont en général absents, en métropole ou à l’étranger. Quelques uns dans le maquis, certainement. Les plus anciens prennent le soleil sur une murette à l’entrée du village, les plus discrets, dans le village, sur la terrasse de l’ancienne Djemaa. (Voir note11)

Par abdenour si hadj mohand - Publié dans : guerre d'Algerie
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 01:45

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